Il existe des socialistes qui ont du fric, et il n'est pas question de le faire la leçon. Les prêcheurs de salon qui soulignent avec gourmandises que les gens aisés qui votent à gauche sont en contradiction avec eux-mêmes m'énervent
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Cela dit, le cas de Julien Dray est un peu différent. On ne peut pas reprocher au président d'être une fashion victim aliénée par les marques de luxe, et accepter qu'un socialo flambe de la thune et soit victime "d'achats compulsifs" de montres. Au delà du problème principal, l'origine des fonds (et dans l'attente des conclusions de l'enquête), je pense qu'on peut effectivement rejoindre le commentaire de notre ami du Monde. Même si Dray et sa femme gagnent 15ke par mois, même s'ils ont droit de "se faire plaisir", même si le goût des montres de luxe n'est pas une tare, ce train de vie trop dispendieux me choque.
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On peut avoir du blé, et tant mieux pour ceux qui ont cette chance, mais on n'est pas obligé de tomber dans la dépense vulgaire. Se vautrer dans le luxe, faire l'affichage des signes de richesse, c'est non seulement s'éloigner des gens qu'on est censé représenter, mais surtout participer à l'aliénation collective qui place l'argent au dessus de toutes les autres valeurs, ce qui est le contraire même du projet socialiste.
Via Radical Chic
Quelque chose me "titille" dans tout ce que dit 'Guillermo'. Je dirais même qu'il y a une jolie contradiction. Reprenons ce morceau :
Les prêcheurs de salon qui soulignent avec gourmandises que les gens aisés qui votent à gauche sont en contradiction avec eux-mêmes m'énervent.
Mais bizarrement, 'Guillermo' fait exactement la même chose dans son billet, et je vais tenter de le démontrer, en espérant que mon raisonnement arrive à vous convaincre.
Imaginez que vous êtes dans un meeting de... Ségolène Royal, et que vous entendez, par un malheureux hasard, un homme se plaindre des riches qui vont à des meetings de gauche, et qu'ils sont donc en contradiction avec eux-mêmes.
Mais un problème auquel vous n'avez pas pensé arrive : comment cet homme a-t-il pu reconnaître la classe sociale d'une personne ? C'est une bonne question, et vous avez sans doute déjà la réponse. Cet individu à simplement regarder les vêtements de la femme qui est juste devant lui, ou bien il l'a entendu parler. Elle est plutôt bien habillée et utilise un langage soutenu. On va donc, au minimum, la placer dans la case "classe moyenne", mais le fait qu'elle utilise un langage soutenu va directement l'a propulsée en "upper class" (cela dit, ça n'est pas toujours vrai).
Analysons un instant ces vêtements. De quelles marques sont-ils ? Où a-t-elle achetée sa veste ? Et surtout, combien a-t-elle dépensée ? La marque, on ne peut pas vraiment la deviner, à moins d'être un(e) pro du lèche-vitrine et fana des grandes marques de haute couture. D'ailleurs, on ne fait que supposer que c'est de la marque, mais ces vêtements ont l'air d'être de qualité. Concernant le coût de ces vêtements, nous n'en savons rien, mais nous allons essayer de savoir si ces dépenses sont "vulgaires".
Alors, se vêtir de grandes marques parce qu'on en a les moyens et parce qu'on a envie de se faire plaisir, est-ce de l'exhibition, de l'ostentation ? Peut-on qualifier les dépenses de cette femme de "vulgaire" ? A vous d'en décider.
De plus, cette femme porte un montre. Faisons nous plaisir un instant, et disons nous simplement que c'est une Rolex. Est-ce vulgaire que de montrer qu'on porte une Rolex ? A partir de combien d'euros considéreriez-vous que les dépenses de cette femme sont vulgaires ?
Maintenant, relisons un extrait du billet de 'Guillermo' :
On peut avoir du blé, et tant mieux pour ceux qui ont cette chance, mais on n'est pas obligé de tomber dans la dépense vulgaire. Se vautrer dans le luxe, faire l'affichage des signes de richesse, c'est non seulement s'éloigner des gens qu'on est censé représenter, mais surtout participer à l'aliénation collective qui place l'argent au dessus de toutes les autres valeurs, ce qui est le contraire même du projet socialiste.
Cette femme a du blé, et tant mieux pour elle, mais elle se vautre dans de luxueux habits et porte une montre hors de prix pour nous. A la question "Place-t-elle l'argent au dessus de toutes les autres valeurs ?", on ne peut que répondre que nous n'en savons rien, car il est difficile de juger les valeurs de cette femme sans même la connaître.
Dans le cas d'un politicien, on en apprendra plus sur ces valeurs en écoutant l'un de ses discours, mais on ne pourra pas dire qu'il s'éloigne des gens qu'il est censé représenté simplement parce qu'il porte un costume chic, une rolex, et qu'il décide de partir, le temps d'un week-end, dans un palace de Monaco. Après tout, on aurait sûrement fait, nous aussi, des folies avec tant d'argent.
En bref, pour reconnaître la classe sociale de quelqu'un, que ce soit dans la rue ou dans le métro, on regarde, la plupart du temps, ses vêtements, ses bagues, sa montre, ses chaussures, son sac, sa gueule, etc. On regarde tout ce qui peut être "signe de richesses", et pour 'Guillermo', faire l'affichage de ses signes et se vautrer dans le luxe, c'est :
"s'éloigner des gens qu'on est censé représenter, mais surtout participer à l'aliénation collective qui place l'argent au dessus de toutes les autres valeurs, ce qui est le contraire même du projet socialiste."
Si vous avez une Rolex et que vous la mettez en valeur, ou bien que vous mettez certains signes de votre richesse personnelle en avant, vous participez à l'aliénation collective et placez l'argent au dessus de toutes les autres valeurs, ce qui est contraire au projet socialiste.
C'est donc incompatible avec cette phrase :
Les prêcheurs de salon qui soulignent avec gourmandises que les gens aisés qui votent à gauche sont en contradiction avec eux-mêmes m'énervent
Car pour reconnaître un riche, il faut d'abord apercevoir un signe de richesse, et ce sont ces 'signes de richesses' qui vont vous définir comme quelqu'un participant à l'aliénation collective qui place l'argent au dessus de toutes les autres valeurs, ce qui est le contraire même du projet socialiste.